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ReportsLe Monde Report on Decapitation of Women
The following article appeared in the French newspaper Le Monde on April 3, 2001 "Ils ont tué Wissal et sa mère, Souhad." Rahad, jeune Irakien de 18 ans, pleure dans les bras de son oncle Tarek. Venu rendre visite à sa famille, en octobre 2000, à Zakho, ville située à cent kilomètres au nord de Mossoul, en Irak, Tarek a pris le chemin de Zakho, à la frontière avec la Turquie et la Syrie. Depuis la guerre du Golfe, la région, à forte concentration kurde, est placée sous contrôle de l'ONU. Sur ordre de Saddam Hussein, la police aurait lancé en octobre une campagne contre la prostitution dans les grandes villes du pays, pour sauver l'honneur de la femme irakienne. Wissal et sa mère, Souhad, font partie des 60 femmes arrêtées dans les rue de Mossoul. Souhad, jeune femme, vend son corps pour quelques dollars et élève sa fille Wissal dans la précarité. Mais celle-ci n'a rien à voir avec le milieu de la prostitution. Lycéenne à Mossoul, elle passe son temps libre avec son petit ami, Rahad. Jusqu'au jour où Rahad se rend chez Wissal et sa mère et aurait découvert leurs deux têtes décapitées dans un sac en plastique. Version officielle de cette tragédie, rapportée par Tarek : les 63 femmes auraient été décapitées publiquement, à la tronçonneuse et avec le soutien d'une partie de la population engagée contre cette décadence. En Irak, le réseau de prostitution est florissant depuis l'embargo international. Pour faire face à la pauvreté, les femmes n'hésitent pas à se vendre pour dix dollars la passe. Et les clients ne manquent pas. Depuis l'application de la résolution onusienne "Pétrole contre nourriture", le régime de Saddam a ouvert une "route du pétrole" vers la Turquie : plus de 4 000 camions-citernes font tous les jours la navette entre la raffinerie de Baiji et la ville frontalière de Zakho, pour le compte de la société Assia, qui serait dirigée en sous-main par Oudeï, fils de Saddam, toujours selon Tarek. A chaque étape de ! la route, les échanges routiers-prostituées sont fréquents et permettent de sauver de la famine des centaines de déshérités. La mesure policière aurait été si populaire que même l'opposition de Saddam l'aurait applaudie des deux mains. Selon Tarek, une autre version laisserait apparaître des réalités beaucoup plus révélatrices de la barbarie du régime husseinien. Watban, demi-frère de Saddam, compterait dans sa cour une jeune prostituée particulièrement ravissante, Saïda. Ennemi juré de Watban, Oudeï, fils de Saddam, aurait des vues sur cette jeune fille. Mais Watban et sa jeune maîtresse ne l'auraient pas entendu ainsi et auraient rejeté les assauts d'Oudeï. Blessé dans son amour-propre par son oncle et une prostituée, Oudeï aurait voulu se venger. Il aurait convaincu son père d'agir en sa faveur et n'aurait rien trouvé d'autres que d'exécuter publiquement plusieurs dizaines de péripatéticiennes, dont Saïda, Souhad et Wissal. Mais pour donner un caractère officiel et administratif à la vengeance aveugle d'un fils gâté, le régime aurait décidé de frapper les milieux de la prostitution partout dans les grandes villes du pays. A Bagdad, 40 femmes auraient ainsi été mises à mort. Et 63 à Mossoul. Au nom de la condition de la femme… |
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